« Nous, on dit que l'Etat doit rester majoritaire dans le capital de la compagnie maritime publique » a déclaré le secrétaire général des marins CGT de Marseille, Jean-Paul Israël, à l'issue d'une réunion de cinq heures à Marseille.
Reçu par le premier ministre fin septembre, Bernard Thibault, secrétaire de la CGT, a déclaré avoir obtenu de celui-ci « une contre-expertise d'ordre juridique pour regarder quelles sont les contraintes européennes qui s'imposeraient au gouvernement français », je pense ajoutait B. Thibault « qu'il a plus de marge de manœuvre que ce qu'il affirme aujourd'hui ». Deux jours plus tard, il précisait : « Une modification du plan de restructuration de 2003 agréé par la Commission européenne est juridiquement possible jusqu'au 31 décembre 2006. L'Etat peut donc, entre autres, procéder à une recapitalisation de l'entreprise ».
Fin 2006 en réalité , l'Europe de la finance mondialisée remettrait définitivement en cause le caractère public de la SNCM. Manifestement Bernard Thibault se place ici, dans une logique de respect des « contraintes européennes ». Il semble souhaiter un compromis boiteux et précaire, alors que sur le terrain, Gérard Israel et la CGT rejettent ces contraintes de l'Euro-dictature et entendent conserver la SNCM dans le service public et conforter la continuité territoriale. Ces deux logiques sont contradictoires et il va de soi que le Comité Valmy estime comme Gérard Israël que « l'Etat doit rester majoritaire » dans la SNCM. Le mieux selon nous serait même que le capital de cette société nationale soit totalement public.
Toute la contradiction que doit affronter le mouvement social est résumé dans cette déconnexion qui existe entre certains dirigeants syndicaux ou politiques, inféodés à la logique et aux dogmes de Maastricht, par rapport aux bases syndicales ou politiques, à la classe ouvrière et au peuple de France plus généralement, de plus conscients qu' une rupture est nécessaire avec cette Europe ultra-libérale intrinsèquement perverse et non amendable.
Aucune Europe sociale n'est possible dans le cadre de la mondialisation financière et son impératif de supranationalité. Les questions du progrès social, de la souveraineté populaire et nationale, de la République et en fait, de la démocratie, sont indissociables. Si une autre Europe est possible, elle ne peut être que celle des peuples et des nations souveraines. Seule cette Europe là pourrait développer une réelle politique de solidarité internationaliste.
Le Mouvement Social est porteur de l'espoir des Français.
Il est nécessaire de sortir le plus rapidement possible de l'engrenage suicidaire pour les peuples, du fédéralisme européen, de ce piège mortel dans lequel la droite et la gauche maastrichtiennes et leurs gouvernement interchangeables ont enfermé la France. La social démocratie porte une responsabilité historique considérable, dans la situation actuelle.
La prise de position pour le non de Laurent Fabius et d'autres responsables et militants du Parti socialiste a favorisé un premier déblocage d'une situation politique enfermée dans une vision dogmatique d'une Europe ultra-libérale et atlantiste, présentée comme étant sans autre alternative que la soumission à un capitalisme sauvage et intégriste. Pourtant ces personnalités, à qui l'on peut reconnaître un mérite certain, pour avoir osé rompre un tabou décisif, affirment souvent demeurer partisans d'une Europe fédérale et, de ce point de vue, n'ont accompli que la moitié du chemin. La montée en puissance du mouvement social et de la prise de conscience populaire à commencé à ébranler leurs certitudes dogmatiques. Si comme nous le pensons la volonté et le mouvement populaires continuent à se renforcer, ils balaierons les hésitations, les illusions et les renoncements nationaux et républicains, qui perdurent ici ou là.
Le Comité Valmy possède une solide confiance, dans le peuple et dans notre nation républicaine qui sauront en définitive reprendre en main la maîtrise de leur destin tout en développant victorieusement la lutte difficile et cruciale, pour les objectifs immédiats.
Le NON du 29 mai qui doit être respecté, la journée d'action du 4 octobre et les luttes sociales actuelles montrent que cette confiance est fondée.
LE BUREAU NATIONAL DU COMITE VALMY. LE 6. 10. 05