Comité du Var rouge



«R
ésister à toute privatisation ou démantèlement »

« Reconquerir des services publics de qualité pour tous et partout », « Exiger une autre politique en France et en Europe »: tels sont les principaux axes formulés dans ce qui constitue « l'acte fondateur » du Comité varois pour la défense et le développement d'EDF et des services publics.

Après l'appel lancé par Henri Cèze, président de l'ADECR (Association départementale des élus communistes et républicains), le comité a vu le jour vendredi dernier au terme d'une réunion entre plusieurs représentants syndicaux et politiques de gauche *

Destiné à faire coordonner et à « faire converger une multitudes d'initiatives » émanant des diverses organisations, le comité varois s'est notamment fixé pour vocation de se décliner en comités locaux.

Première échéance important inscrite sur ses tablettes: faire du 19 novembre une grande journée d'action à l'échelle de tout le pays mais aussi du département.

En outre, plusieurs rendez-vous sont d'ores et déjà prévus. Dès aujourd'hui, à l'appel des fédérations CGT et FO de l'énergie, les salariés d'EDF diffuseront tracts et pétitions en plusieurs points du département. Les militants CGT seront, eux, mercredi à Toulon en bas du cours Lafayette pour sensibiliser sur la question des services publics et d'EDF.

La FSU organise quant à elle un débat le 25 novembre au collège de La Garde sur le thème « Pouvoir d'achat et services publics ».
« Un souffle
nouveau »

Pour Sylvain Brossaud, secrétaire général de la CGT EDT-GDF Var, la création de ce comité doit représenter aux yeux des salariés une « opportunité de rassembler de manière plus large, de faire évoluer la lutte. Cela peut nous apporter un souffle nouveau ». Un aspect non négligeable, à son sens, car « seuls nous ne gagnerons pas », déclare-t-il.

Pour les représentants syndicaux et politiques, la brèche ouverte par l'ouverture du capital n'a à terme pour autre objectif que la privatisation de l'entreprise. « Il n'y a pas d'exemple d'ouverture du capital qui n'ait abouti à la privatisation », affirme Alain Jaubert. Une privatisation jugée « inutile,

injuste, stupide et dangereuse » par le président varois du MRC.

« La question de l'ouverture du capital d'EDF recouvre des enjeux primordiaux, estime Jean Hennion, secrétaire fédéral du PCF, mais c'est bien le devenir des services publics dans leur ensemble qui est en jeu ». Pointe alors un choix de société: « Une société où tout ne serait que marchandise ou une société qui travaille concrètement à plus d'égalité, plus de solidarité ? ».

Il ne fait aucun doute, pour les memebres du comité, que seuls des services publics de qualité sont garants de cette deuxième conception. « On le sait d'expérience: les entreprises et services publics sont des outils, des instruments essentiels d'une politique de réponse aux besoins humains en tous les points du territoire. Cela, les Français le savent et le disent, de multiples façons et depuis des années », conclut le responsable communiste.

Citoyens, salariés et élus sont donc invités à rejoindre le comité afin d'enrayer et d'inverser un processus engagé depuis des années et accéléré par les gouvernements

Raffarin et de Villepin.

Pour ce faire, une adresse Internet edfprivatisation-non@laposte.net

Agnès Massei

amassei@lamarseillaise.fr
(*) UD CGT, CGT EDF-GDF, FSU, MRC, LCR, PCF
Ouverture du capital d'EDF:
« les dix mensonges »
Le syndicat CGT EDF-GDF a édité un tract qui décortique ce qu'il considère être « les dix mensonges du gouvernement » quant à l'ouverture du capital de l'entreprise. En voici les grandes lignes.

- L'alibi du financement: « EDF n'est pas une entreprise démunie. (...) Au premier semestre 2005; EDF a réalisé un cash-flow (trésorerie) de 6,5 milliards d'euros (+13% par rapport au premier semestre 2004) ».

- L'état empoche la mise: « La part du capital réservée aux salariés proviendra de la cession des titres de l'Etat. Un milliard d'euros tombera donc dans les caisses de ce dernier ».

- La sûreté nucléaire: « Le démantèlement des centrales arrivées en bout de course et le traitement des déchets représentent des sommes énormes, bien supérieures au plan d'investissement de 40

milliards d'euros sur cinq ans annoncé par le PDG. Un récent rapport de la Cour des comptes les a évaluées à près de 63 milliards d'euros. Qui les assumera? »

- L'envolée des tarifs:

« Le contrat de service public signé entre l'Etat et l'EDF peut être révisé. Et il le sera dès 2007 ». Le syndicat évoque « l'augmentation des prix du gaz de 12% ». « D'autres leviers vont être actionnés pour puiser dans le porte monnaie des Français: augmentation ou facturation des prestations de service hier gratuites ».

- Les actionnaires aux commandes: « Quand bien même l'Etat actionnaire principal souhaiterait maintenir les priorités de service public, il devra composer avec les intérêts des autres détenteurs du capital. Or ceux-ci préfèreront la rentabilité et le profit au détriment des besoins énergétiques du pays ».

- les salariés vont trinquer:«Le Premier ministre feint d'ignorer que les exigences de rentabilité des actionnaires se traduisent souvent par une pression accrue sur la masse salariale de l'entreprise et l'emploi, ainsi que par une dégradation des conditions de travail ».

- Bruxelles ou les raisons d'un silence: « Le gouvernement est étrangement silencieux sur les contraintes eeuropéennes. Pourtant, lors du débat l'an dernier sur le changement de statut, la majorité n'avait eu de cesse d'invoquer Bruxelles pour justifier cette politique. (...) Il est pour le moins étonnant que le gouvernement n'utilise plus l'obligation européenne comme prétexte à ses réformes. Depuis le 29 mai, et le non à la constitution, Dominique de Villepin préfère se targuer de patriotisme économique».

Mardi 8 Novembre 2005 - LA MARSEILLAISE


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