1 - La déclaration qui accuserait Chavez d’antisémitisme !
par Jacques Cotta
mardi 10 janvier 2006.
Chavez accusé d’antisémitisme : C’est que qu’affirment Le Monde et Libération du 9 janvier. Cette affirmation est tirée d’un discours prononcé la veille de Noël par le chef de l’Etat vénézuelien. Nous publions ci dessous la traduction non tronquée du discours afin que les lecteurs puissent se faire une opinion :
« Je viens de terminer ce matin le dernier rapport de l’ONU sur la situation du monde et c'est alarmant. C'est pour ça que je dis qu’aujourd’hui plus que jamais en 2005 ans, Jésus-Christ nous manque, parce que le Monde est en train de se consumer jour après jour ainsi que les richesses du monde, parce que Dieu et la nature sont sagesse, le monde a de l’eau en quantité suffisante pour que chacun ait de l’eau, le monde a suffisamment de richesses et de terres pour produire de la nourriture pour la population mondiale, le monde a suffisamment de pierres pour construire pour que personne ne soit laissé sans habitat. Le monde possède pour tous, donc, mais dans les faits des minorités, les descendants de ceux qui crucifièrent le Christ, les descendants de ceux qui jetèrent Bolivar hors d’ici et le crucifièrent aussi à leur manière à Santa Marta en Colombie. Une minorité s’est appropriée les richesses du monde, une minorité s’est appropriée l’or de la planète, de l’argent, des richesses minérales, des eaux, des bonnes terres, du pétrole, de toutes les richesses donc, et a concentré les richesses entre quelques mains : moins de 10% de la population du monde est propriétaire de plus de la moitié de la richesse du monde entier et ... plus de la moitié des habitants de la planète sont pauvres et chaque jour il y a de plus en plus de pauvres dans le monde. Ici, nous avons décidé de changer l'Histoire. »
,Jacques Cotta à j.cotta@libertysurf.fr a écrit :
Chers amis,
Je vous invite à aller sur le site www.info-impartiale.net
Au lien suivant :
http://www.info-impartiale.net/breve.php3?id_breve=108
Vous y trouverez le discours sur lequel le monde et Libération s’appuient pour mener la campagne contre Chavez.
Bien amicalement,
Jacques Cotta
J'ai été sollicitée lundi par France Culture afin de commenter l'article paru dans Libération concernant les propos "antisémites" de Chavez. C'est en allant sur le site du Ministère de la Communication vénézuélien que nous avons pu lire (avec l'assistante de l'émission) le texte intégral du discours de Chavez en date du 24 décembre.. Ayant pris connaissance du texte l'interview a été annulée. J'ai ensuite averti M.Lemoine au Monde diplo. Cette manipulation repose d'abord sur la suppression de quelques lignes - "les descendants de ceux qui ont expulsé Bolivar et qui l'ont crucifié à leur manière à Santa Marta en Colombie. Une minorité s'est appropriée les richesses du monde, une minorité s'est emparée de l'or de la planète etc.." - cette omission permet d'établir une continuité entre " les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ (...) et la minorité "qui s'est emparée des richesses du monde". La lecture intégrale du passage concerné suffit à démentir l'interprétation de Libé.
Plus grave encore l'auteur de l'article de Libé signale que le texte officiel du discours est toujours en ligne sur le site du Ministère: on peut donc supposer qu'il l'a lu..on n'ose penser qu'il ne l'a pas compris.
Vous pouvez lire le discours de Chavez sur le site du ministère de la communication et de l'information: minci.gov.ve
A la veille du Forum Social de Caracas tout cela n'est pas innocent..
amicalement
janette habel
2 - Une nouvelle opération de désinformation de "Libération"
par Bernard Cassen
mardi 10 janvier 2006.
"LIBÉ" LANCE EN FRANCE UNE OPÉRATION DE DÉSINFORMATION DE GRANDE ENVERGURE CONTRE LA RÉVOLUTION BOLIVARIENNE AU VENEZUELA
Il fallait s'y attendre.
Ni "Libé" ni d'autres médias n'avaient digéré la débâcle de leurs
pronostics concernant le référendum révocatoire du 15 août 2004 au
Venezuela, qui confirma Chavez dans son mandat présidentiel par 59
% des suffrages. Ni la victoire quasi totale des candidats
bolivariens aux élections régionales de l'automne 2004. Ni leur
nouvelle victoire, remportée en décembre dernier, lors des élections
législatives : démoralisés par des sondages qui laissaient entrevoir
leur lourde défaite, les candidats de l'opposition préfèrèrent jeter
l'éponge et retirer leurs candidatures. Ils choisirent de n'avoir
aucun élu plutôt que la vingtaine qu'ils pouvaient escompter. Le but
de la manoeuvre était clair : délégitimer par avance les résultats du
scrutin, alors que le Conseil national électoral avait fait droit à
leurs exigences et que des centaines d'observateurs étrangers étaient
présents au Venezuela et attestèrent de la parfaite sincérité des
opérations de vote.
Bref, une série de fiascos auquels certains médias, incapables
d'accepter ( et même de comprendre) le soutien populaire croissant à
Chavez répondirent de manière pathétique. La victoire du président et
de ses partisans fut attribuée à du "national-populisme" et à la
"démagogie" : Chavez n'avait-il pas utilisé les ressources générées
par la hausse du prix du pétrole pour financer de grands programmes
sociaux en matière de santé et d'éducation ? Au point que le
Venezuela vient d'être proclamé "territoire libéré de
l'analphabétisme".
La récente victoire d'Evo Morales en Bolivie n'arrangea pas les
choses. Le dirigeant syndicaliste paysan, élu président dès le
premier tour - et qui prendra ses fonctions le 22 janvier - n'avait
pas caché qu'il s'inspirerait de la démarche du Venezuela pour
restituer au peuple bolivien la maîtrise de ses ressources
naturelles, en premier lieu le gaz. De quoi alarmer les
multinationales américaines et européennes installées en Bolivie
comme chez elles, et leurs porte-parole gouvernementaux et
médiatiques.
Washington avait des raisons supplémentaires d'exécrer Chavez dans la
période récente, s'ajoutant à toutes celles accumulées depuis 1998. A
Mar del Plata (Argentine), et sous l'impulsion du président
vénézuélien, le Sommet des Amériques se termina par l'enterrement de
la Zone de libre-échange des Amériques (ALCA), projet scélérat de
recolonisation du sous-continent par les Etats-Unis. Et à Hongkong,
lors de la conférence ministérielle de l'OMC, le Venezuela fut le
seul pays avec Cuba à émettre des réserves lors d'un vote sur l'AGCS.
Si Evo Morales avait été élu plus tôt, il n'y aurait pas eu 2 pays,
mais 3 pour se démarquer ainsi.
Dernier ingrédient de la situation actuelle : du 24 au 29 janvier
Caracas accueillera le Forum social mondial. Des dizaines de milliers
de participants pourront constater personnellement les acquis de la
Révolution bolivarienne, dans un pays où la liberté de la presse est
absolue, et où la quasi totalité des grands médias, aux mains de
l'opposition, tire en permanence à boulets rouges sur Chavez.
Voilà la conjoncture qui explique l'offensive menée aux Etats-Unis,
et maintenant en France, contre Chavez. Il fallait trouver un nouvel
angle d'attaque, les autres ayant piteusement échoué : ce fut
l'antisémitisme.
Utilisant, hors contexte, une citation tronquée (dans laquelle
Bolivar est comparé au Christ) d'un discours prononcé il y a plus de
deux semaines, le 24 décembre dernier, "Libé", dans son édition du
lundi 9 janvier, n'hésite pas à titrer un article (occupant une page
entière avec la photo de Chavez) sur "le credo antisémite de Chavez".
Et cela pour un pays, le Venezuela, où l'antisémitisme n'a jamais été
un "sujet", mais où, en revanche, les discriminations contre les
Noirs et les peuples indigènes n'ont jamais préocupé ni les classes
dirigeantes ni leurs soutiens à l'étranger. Il faut préciser ici que
la Constitution bolivarienne est, et de loin, la plus avancée au
monde dans la reconnaissance des droits des peuples indigènes.
L'article de "Libé" est un cas d'école (de plus) des méthodes
classiques de la désinformation.
Ci-dessous, la recension des sources et les premières remarques
faites par Christophe Ventura sur la falsification.
Puis, pour celles et ceux d'entre vous qui lisent l'anglais, voici
deux textes qui remettent les choses à leur place :
- une dépêche d'Associated Press dans laquelle le rabbin américain
Arthur Waskow, du Shalom Center de Philadelphie, indique qu'il a de
sérieux doutes quant au caractère antisémite du discours de Chavez
- le témoignage de T. M. Scruggs, boursier Fullbright, professeur à
l'Université de l'Iowa, et actuellement professeur invité à
l'Université des Andes à Merida au Venezuela.
Bernard Cassen, membre du CA et du CS d'Attac
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AUX SOURCES DE LA FALSIFICATION
Bonsoir,
Voici les véritables propos tenus par Chavez. Je vous invite donc, à
quelques semaines du FSM, à réflechir au sens des articles du journal
militant Libération et aux dépêches du Monde....
"El mundo tiene para todos, pues, pero resulta que unas minorías, los
descendientes de los mismos que crucificaron a Cristo, los descendientes de
los mismos que echaron a Bolívar de aquí y también lo crucificaron a su
manera en Santa Marta, allá en Colombia. Una minoría se adueñó de las
riquezas del mundo". Source : ministère de la communication et de
l'information vénézuelien: http://www.mci.gob.ve
Amicalement
Christophe
La dépêche AP cite exactement le président venezuélien (vous trouverez
l'intégralité ci-dessous) :
"The world has enough for all, but it turned out that some minorities,
descendants of those who crucified Christ, descendants of those who threw
Bolivar out of here and also crucified him in their own way in Santa Marta,
there in Colombia. A minority took the world's riches for themselves"
Le Monde tronque la citation sans l'indiquer :
"Le monde appartient à tous mais une minorité, les descendants de ceux qui
ont crucifié le Christ, s'est emparée des richesses mondiales"
Libé de son côté, ré-arrange à sa sauce à la faveur d'une parenthèse et de
trois petits points
"mais il se trouve qu'une minorité, les descendants de ceux qui ont crucifié
le Christ (...) s'est emparée des richesses du monde "
La citation est disponible en espagnol sur le site du ministère de la
communication et de l'information vénézuelien: http://www.mci.gob.ve
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DÉPÊCHE ASSOCIATED PRESS
Jewish leader has serious doubts Chavez's speech was anti-Semitic
By CHRISTOPHER TOOTHAKER Associated Press Writer
© 2006 The Associated Press
CARACAS, Venezuela - A Jewish rights group accused Venezuelan
President Hugo Chavez of making anti-Semitic comments in a Christmas
Eve speech.
The Los Angeles-based Simon Wiesenthal Center demanded an apology
Wednesday from Chavez saying such remarks have long been used to
persecute Jews.
"The world has enough for all, but it turned out that some
minorities, descendants of those who crucified Christ, descendants
of those who threw Bolivar out of here and also crucified him in
their own way in Santa Marta, there in Colombia. A minority took the
world's riches for themselves," Chavez said, according to a
transcript of the Dec. 24 speech. Simon Bolivar led the 19th century
fight to liberate Venezuela and some other Latin nations from
Spanish rule.
Chavez did not did specifically mention the Jewish people in the
televised speech.
A spokeswoman for his office said it had no immediate response to
the complaint.
"In your words, the two central arguments of anti-Semitism emerge
... the accusation that Jews killed Jesus (and) associating them
with wealth," the Center said in a letter to Chavez. "Our center
strongly condemns your anti-Semitic declarations."
Another Jewish leader, U.S. Rabbi Arthur Waskow, said in an e-mail
he has serious doubts it was an anti-Semitic slur.
"I know of no one who accuses the Jews of fighting against Bolivar,"
wrote Waskow, of The Shalom Center in Philadelphia. "And certainly I
_ and most Jews _ teach that it was the Roman Empire, and Roman
soldiers, who crucified Jesus."
Chavez's comments came in a part of the speech about the world's poor.
Chavez, a fiery speaker, has called President Bush a "madman" and
also used a derogatory term for "jerk" in referring to him. Chavez
has also criticized Mexican President Vicente Fox.
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TÉMOIGNAGE DU PROFESSEUR T. M. SCRUGGS
Rick Heller has accurately translated the Dec. 24, 2005 speech by Hugo
Chávez.
As is easily noted, the reference to the descendants of those that
killed Jesus
and Bolívar is to the wealthy and powerful who murderously defend their
privileges at the expense of the oppressed, and to those that try to
defend them.
Mr. Chávez's reference is to the Roman Empire in the case of Jesus
of Nazareth,
a connection he has made more explicit several times, and in the
second case to
the Spanish empire and then the South American oligarchs that opposed Simón
Bolívar. Mr. Hugo Chávez Frías is firm follower of Liberation Theology, the
Vatican II-related political current that advocates a "preferential option
for
the poor."
For example, several days ago, during the Christmas season, I heard
President Chávez finish (yet) another of his many televised appearances
with
several calls of "Viva Cristo, el rebelde!," "Viva Cristo, el
socialista!" This
latest attempt to portray the most upfront and actively anti-racist
President in
Venezuela's history as his opposite is slander all too typical of our (
U.S.)
right wing, and with an almost photocopy precedent. In the mid 1980s
someone in
the Reagan administration's disinformation department decided to invent out
of
thin air the idea that the FSLN, the Sandinistas, were persecuting the
Jewish
community in Managua, Nicaragua. Needless to say, the charge was a
complete and
total lie from beginning to end: there were no more than a few dozen
Jews in the
nation, zero anything by the government towards them, and basically the
whole
fake affair led to the Managua newspapers somewhat desparately trying to
find
anyone of Jewish descent to talk to, seeing as how the one synagogue
had fallen
into disuse for many years. I lived in Nicaragua in the 1980s and this
stupid
little episode made the local right wing look (even more) ridiculous by
association with such a transparent ploy.
But the ploy was not designed for Nicaraguan audiences, it was
concocted for the rest of the world, especially
Jewish North Americans. It's guilt by association with a baseless
suggestion.
Like the Swiftboat lies against Kerry, no matter how baseless this false
accusation against the current Venezuelan President is , it is now
something that can be
dredged back up by Bill O'Reilly et al. with a quick oblique mention to
taint
any discussion on reality here in Venezuela.
I can assure readers that
Venezuelans here, whatever their political leanings, know perfectly well
Mr. Chávez's Liberation Theology-informed message of Jesus; and when
he speaks of enemies of that
message, he refers to defenders of oppression and empire, just as
the word "yanqui"
in Latin America and the Spanish-speaking Caribbean refers to the system of
political domination emanating from the United States and is not
prejudicial against individuals who happen to be norteamericanos, gringos,
estadosunidenses, etc. Maybe the next false rumor will be if Bolivia's
President-elect Evo Morales uses the term "yanqui" sometime, and
reactionary blogs broadcast that he's called for the eradication of
the New York
Yankees. Sheesh
3 - Hugo Chavez n'est pas antisémite
par Jean-Luc Mélenchon
Chers amis,
Le journal "Libération" daté du lundi 9 Janvier attribue à Hugo Chavez, président du Vénézuela, un antisémitisme qu'il viendrait de révéler dans un discours en forme de credo. Cette "information" occupe une pleine page du journal. Il s'agit d'un pur montage de propagande. Je fais un décryptage à ce sujet sur mon blog. Je me permet d'attirer votre attention sur ce sujet qui participe pleinement du combat alter mondaliste à la veille du forum social mondial qui a va se tenir à Caracas au Vénézuela à la fin du mois.
Si mon approche vous parait digne d'intérèt, je vous serais reconnaissant si à votre tour vous preniez vos dispositions pour en relayer le contenu. Nous ne disposons d'aucun autre moyen que nous même pour contrer la tentative de dénaturation du régime altermondialiste vénézuélien dans l'opinion progressiste à juste titre toujours très vigilante lorsqu'il s'agit d'accusations aussi graves.
D'avance merci
Bien amicalement
Jean-Luc Mélenchon
Mon blog:www.jean-luc-melenchon.fr
4 - Un camouflet pour Le Monde et Libération
par (R. B.) Agence PAF
jeudi 12 janvier 2006,
La principale communauté juive vénézuélienne et plusieurs groupes juifs américains accusent le centre de Simon Wiesenthal de précipitation par rapport aux accusations d’antisémitisme portées contre le président du Venezuela, Hugo Chavez.
Les dirigeants de la communauté juive du Venezuela ont préparé un courrier en direction du Centre, en dénonçant le fait qu’il avait mal interprété le discours de Chavez et qu’ils ne les avaient pas consultés avant de prendre position et d’attaquer le président du Venezuela. « Vous avez interféré dans le statut politique, la sécurité, et la sérénité de notre communauté. Vous avez agi tout seuls, sans nous consulter, sur des questions que vous ne connaissez pas ou ne comprenez pas... ». Des copies de la lettre doivent également être envoyées aux dirigeants du congrès juif mondial et du comité juif américain.
La semaine dernière le Centre de Wiesenthal avait écrit à Chavez, exigeant qu’il fasse des excuses pour ce que le Centre affirmait être une référence négative aux juifs pendant un discours prononcé la veille de Noël. Le Centre avait également demandé aux gouvernements d’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay « de geler le processus » visant à incorporer le Venezuela dans Mercosur, (Marché commun du Cône sud) tant que le président vénézuélien n’aurait pas fait des excuses publiques.
Cette prise de position de la communauté juive vénézuélienne intervient au moment où en France, la plupart des « grands » médias nationaux, au rang desquels figurent Le Monde et Libération, ont relayé abondamment la prise de position du Centre Simon Wiesenthal, reprenant à leur compte l’affirmation selon laquelle Chavez aurait eu des propos antisémites et, de se fait, serait antisémite.
La démonstration est ainsi faite que les rédactions de ces deux quotidiens ne prennent pas la peine de vérifier leurs sources et participent activement à la désinformation.
A la veille du Forum Social qui va se tenir à Caracas tout cela n’est pas innocent.