Réponse à la tribune libre: Retrait immédiat de la circulaire européenne sur les services par Dominique Strauss-Kahn

par René ANDRAU

porte parole du Comité varois pour un non républicain


Communiqué - 27/01/05

Molière aurait aimé: DSK sort son épée, la brandit, gesticule et tonne. A la différence de Matamore, il a appris la rhétorique et en use en nouveau converti; mais la sonorité de la forme ne peut cacher la vacuité du fond. Sa deuxième phrase est un pastiche: rythme ternaire étudié, anaphore, le tout sur un fond de mensonge.

" Progrès social " ? Mais il dit oui à la Constitution européenne qui en est la négation: les droits sociaux qui y sont exprimés sont caricaturaux et marquent un net recul par rapport à la Charte Communautaire des droits Sociaux des Travailleurs de 1989 comme par rapport aux Chartes du Conseil de l'Europe, Charte Sociale de 1961 et Charte Sociale Révisée de 1996. « Progrès économique » ? C'est bien ainsi qu'il appelle le passage du capitalisme rhénan au capitalisme anglo-saxon qui consacre le triomphe de la rente au détriment du travail. « Progrès démocratique »? Mais la souveraineté populaire disparaît de cette prétendue Constitution qui place l'économie et la monnaie hors de portée des peuples et de leurs gouvernements, et qui confie la définition de l'intérêt général aux soi-disant experts de la Commission.

Il pratique un amalgame douteux, à base de coups bas grammaticaux, en mettant sur le même plan la stratégie de Lisbonne et le Traité constitutionnel, deux textes de nature différente. Pareillement il triche en qualifiant la Constitution européenne de « nouveau Traité de Rome », comparant ce qui ne peut honnêtement être comparé. Il ment en disant que cette dernière « évoque » les services publics: les Services d'Intérêt Economique Général sont tout autre chose, et leur philosophie est la mise en concurrence plus que le service du public. Il fanfaronne en s'attribuant le mérite du retrait de l'AMI, alors que c'est dans la rue qu'a eu lieu le combat.

Il reproche à la directive Bolkestein d'institutionnaliser le dumping social ? Mais c'est précisément ce que fait la Constitution européenne dont il est partisan, et qui subordonne toute mesure d'harmonisation fiscale à l'unanimité du Conseil européen ˆ c'est-à-dire qui la renvoie aux calendes grecques ! Il prétend souhaiter une harmonisation par le haut, mais il s'accommode de l'harmonisation par le bas qu'organise ce texte.

Pourtant la directive Bolkestein méritait une vraie lecture. Ce document de 85 pages est bien sûr inacceptable: une entreprise d'un pays à bas salaire et à doits sociaux réduits fonctionnerait, dans un pays tiers, selon les normes du pays d'origine et non du pays d'accueil. Mais ce document a pour lui la clarté, en se situant dans la logique de décisions européennes prises antérieurement avec l'accord de Monsieur DSK et de ses amis: ces mesures sont détaillées et le document mérite d'être lu. Le même homme qui a organisé le désastre verse aujourd'hui des larmes bien douteuses.

Tout cela a des odeurs d'arrière-cuisine. L'argent n'a pas d'odeur, disait l'empereur romain Vespasien, inventeur des vespasiennes. Pour d'autres, c'est la politique qui n'a pas d'odeur.


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