Communiqué - 17/03/05
Si le texte de directive " services" -dit Bolkenstein- a été adopté par le conseil européen avec la bénédiction du gouvernement français, sa mise en oeuvre se heurte en France à un contexte particulier: le referendum sur le traité de "constitution" européenne. Les partisans du oui, inquiets d'un télescopage peu favorable aux positions qu'ils défendent, ont tout intérêt à déconnecter ce texte de la consultation prévue pour le 29 mai pour repousser le débat sur sa mise en application une fois cette échéance passée. Un choix purement tactique puisqu'il s'agit de reculer pour finalement mieux sauter.
Le président de la commission européenne, quant à lui, maintient sa volonté d'imposer au plus tôt un texte qui prépare la mise en concurrence de tous les travailleurs européens appartenant au secteur des services. Il permet en outre à des entreprises de l'UE, travaillant sur le territoire français, de faire concurrence aux entreprises et aux salariés français en appliquant la législation de leur pays d'origine.
En outre-mer, comme partout en France, quelle entreprise de services (transports, tourisme, restauration, commerce,...) pourrait résister à la tentation d'employer une main-d'oeuvre moins protégée et moins rémunérée pour diminuer ses coûts de production et augmenter ainsi ses marges bénéficiaires? Inversement, qui est prêt à accepter un nivellement par le bas des salaires et du droit du travail, ou la perspective du chômage? Faut il que les uns acceptent la régression et le partage de la misère alors que les profits des multinationales ne cessent d'augmenter aux dépens des créations d'emplois?
Etre internationaliste et partisan d'une République sociale, c'est justement refuser le partage de la misère au nom d'un progrés social accessible à tous. Pour toutes les raisons évoquées plus haut, cette directive Bolkenstein doit être neutralisée définitivement. Les cris indignés, et parfois presque sincères, des partisans du oui au referendum contre cette directive, qu'ils souhaitent botter en touche pour l'instant, n'auront aucun effet sur un texte antisocial par nature. Mais cherchent-ils vraiment autre chose qu'un simple effet d'annonce?
Certains d'entre eux ont-ils déjà oublié Jaurès,
pour lequel "le courage c'est de chercher la vérité
et de la dire"?
Il faut s'attaquer frontalement au système qui crée les conditions de l'application d'une telle directive: un traité de constitution européenne englué dans une doctrine politique prompte à légitimer les directives les plus libérales qui soient: "la libre concurence non faussée". Le traité constitutionnel, voilà l'ennemi !